les gestes

les gestes
Dans ce chapitre :

Après avoir parcouru ces notions de bases, prenez votre premier cours de batterie dans les pages des leçons.

les différentes tenues de baguettes

La première prise de baguette doit rester très naturelle. Prendre la baguette, rectifier si la position est trop mauvaise. La prise de baguette dite de timbalier du fait de sa symétrie et pour une raison de commodité est la plus utilisée quel que soit le style joué. Elle permet notamment des déplacements plus aisés sur la batterie. Malgré cela la prise tambour reste très prisée de certains batteurs notamment des batteurs de jazz, elle procure alors plus de sensibilité et la masse musculaire mise en jeu est plus importante ce qui permet de partiellement gommer le déséquilibre entre les deux mains.
Prise tambour. (Traditional grip) : Le tambour quand il est joué en marchant est incliné, la position de la main gauche permet de s'accommoder de l'angle du tambour. Pour le détail de la tenue main droite voir la prise timbalier.
Tenue de la main gauche
tambour main gauche1. Laissez reposer la baguette dans le creux que forme la base du pouce et de l'index. Le bout de la baguette dépasse de 3 à 4 centimètres.
2. Placez votre annulaire et auriculaire (petit doigt) sous la baguette.
3. Posez la baguette au bout de votre annulaire (sur la dernière ou avant dernière phalange). La baguette est maintenant en équilibre posée dans le creux du pouce et de l'index et, sur l'annulaire.
4. Passez votre index et votre majeur au-dessus de la baguette de façon à ce que le pouce puisse toucher l'index.
5. Le pouce l'index et le majeur doivent bien passer au-dessus de la baguette car c'est par eux que passe l'énergie nécessaire au déplacement de la baguette.
6. Le coup de poignet est donné en effectuant le même mouvement que si vous tourniez une clef dans la serrure d'une porte.

Prise timbalier. (Match grip)
Tenue main droite et main gauche
Pour la position exacte de la main deux cas de figure se présentent :
· Paume vers le sol si l'action du poignet est déterminante (école allemande).
· Paume verticale si se sont les doigts les principaux acteurs (école française).

En pratique je joue plutôt paume de la main vers le sol sauf pour jouer la cymbale ride ou je joue plus paume verticale pour mieux profiter de l'action des doigts.

La baguette repose dans le creux de la première et la deuxième phalange de l'index et entre le gras du pouce (voir le point de rebond). Tous les autres doigts se posent sur la baguette.
timbalier : profiltimbalier : dessus



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le point de rebond

Le point de rebond c'est le point sur la baguette qui permet un maximum de rebonds le plus librement possible. Suivant le type de baguettes utilisées celui-ci se trouvera plus en avant ou plus en arrière du tiers de la baguette.
la pince1. Tenez votre main verticale comme si vous serriez la main à quelqu'un (pouce vers le haut, paume de la main sur le côté).
2. La pince: tenez la baguette entre le plat du pouce et la dernière phalange de l'index sur le point de rebond de la baguette. Le bout du pouce doit bien se trouver au même niveau que l'index, ni devant ni derrière, sinon le point de rebond ne jouera plus son rôle.
3. Lorsque la main est verticale le pouce doit se trouver bien à la verticale de labaguette pour un meilleur contrôle du rebond et de l'énergie.
4. Les autres doigts doivent enrober la baguette. Ne laissez pas votre main ouverte ou ne levez pas votre petit doigt. La baguette doit être tenue fermement mais sans crisper.
5. Dans un premier temps jouez paume de la main sur le côté. Le contrôle du pouce et des doigts est plus fin, puis essayez paume de la main vers le sol, pour faire intervenir le poignet.
6. Le coup est donné par un mouvement vertical du poignet et en serrant les doigts.
7. Assurez-vous que le déplacement est quasi vertical.

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les principaux types de frappes

Les frappes décrites ci-dessous ne sont pas là par hasard. Il s'agit de prendre conscience que la batterie c'est en partie l'étude du geste. On pourra se servir de la suite comme d'un exercice d'échauffement en mettant l'accent sur les différences mécaniques mais aussi sur les différences de sensations, de touchés et de sonorités. Ce travail peut se faire conjointement au travail des méthodes comme Stick Control et les gammes des méthodes Agostini. A travailler devant un miroir.

Dans tous les cas la première chose à ne pas négliger c'est l'impulsion. La première partie du geste, celle qui emmène la baguette jusqu'a la peau, est essentielle. Tout ce qui va arriver après dépend de la qualité de cette impulsion. Celle-ci doit-être franche et tonique. Il faut y mettre de la conviction.

type1 Premier type de frappe : les coups sont joués avec le poignet. Il s'agit d'un geste plein, la baguette démarre du point haut (1), heurte la peau (2) et remonte (3) toujours sous l'action du poignet sans aide du rebond.








type2 Second type de frappe : le blocage, les coups sont joués avec les doigts. Le geste démarre du point haut (1), main ouverte, les doigts se referment, la baguette heurte la peau, la main reste fermée pour bloquer la baguette prés de la peau (2). Cette frappe est souvent associée au poignet pour la première partie du geste.






type3 Troisième type de frappe : il s'agit du rebond, le premier coup est donné à partir d'un point haut (1)et les doigts entretiennent le rebond naturel (2) de la baguette sur la peau.









type4 Quatrième type de frappe : il s'agit du buzz-roll ou roulement écrasé. On presse et écrase la baguette contre la peau pour obtenir un nombre indéfini de rebonds très serrés (1). Le pivot se fait au niveau du coude. Le poignet reste rigide.








type5 Cinquième type de frappe : même principe que le premier mais la baguette démarre du point bas (1), se relève (2)et revient à son point de départ (3).










type6 Sixième type de frappe : le poignet reste rigide et les doigts tiennent fermement la baguette (1), l'avant-bras lance l'ensemble (2). Première partie du geste du Buzz-Roll.









type7 Septième type de frappe : ce coup se rapproche du coup de fouet, au départ c'est l'avant-bras qui lance le geste (1), le coude monte en s'éloignant du côté du corps le poignet resté souple accompagne celui-ci (2) et les doigts finissent en se refermant (3).








type8 Huitième type de frappe : doigts, poignet, avant-bras et bras libérés de toutes tensions (1) peuvent être lancés à partir de l'épaule (2), les doigts finissent (3). Il s'agit d'un geste très ample et très puissant.









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premiers gestes

Prenons l'exemple du ballon de basket.
Observons un ballon de basket que nous projetons vers le sol. Pour qu'il rebondisse il faudra lui imprimer une force à chacun de ses passages entre nos mains. Si nous augmentons l'intensité de cette force, la distance de sa course sera plus grande ou si nous maintenons cette distance constante il mettra moins de temps à nous revenir entre les mains. Inversement si nous diminuons cette force le ballon mettra plus de temps à nous revenir et, la distance de sa course diminuera.

Dans cet exemple trois paramètres se dégagent : le temps, l'espace et l'énergie.

padLes petits exercices suivants, comme tous les autres exercices de technique, pourront se jouer sur la caisse claire ou sur un pad d'entraînement. Et, surtout, ils devront être joués devant un miroir, pour veiller à une exécution parfaite des gestes.

· Faites varier l'amplitude du geste sans faire varier la force et sans faire varier l'espace.
Donnez des coups avec un petit geste. Le son est de faible intensité.
Donnez des coups avec un grand geste. Le son produit est de forte intensité.

· Faites varier le temps entre chaque coups.
Si le temps est long le mouvement pourra être plus ample et le son plus fort (puissant).
Si le temps est court cela devient plus difficile. Pour jouer de plus en plus vite il faudra réduire l'amplitude et, si l'on veut conserver une intensité constante il faudra alors augmenter la force de chaque coups.

· Faites varier la force.
En augmentant la force nos coups auront plus d'impact, en même temps nous pourrons allonger l'amplitude du mouvement, l'association des deux permettra un jeu puissant mais peu rapide.
En diminuant la force plus besoin d'une grande amplitude, le jeu sera plus doux et plus rapide.

La variation des trois paramètres que sont : le temps, l'espace et l'énergie, permettent une palette sonore très riche. Il est bon de toujours garder en tête ces trois paramètres pour comprendre et résoudre certaines difficultés de l'instrument, et pour toujours éprouver du plaisir à jouer.

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la pulsation

La pulsation c'est le cœur de la musique, c'est elle qui détermine le mouvement d'un morceau de musique. C'est d'abord par elle que nous nous empreignons de la musique, elle rentre dans notre corps et notre esprit pour qu'à son tour ceux-ci se mettent en mouvement. Le premier contact peut se faire juste en écoutant de la musique et en tapant dans les mains. On peut taper toutes les pulsations, que l'on nommera par la suite temps, puis seulement les temps forts ou les temps faibles. De la on regroupe les temps en mesures. On peut taper les premiers temps de chaque mesure. Quand l'on a déterminé de quel type de mesure il s'agit, pour faire ressentir son côté "cyclique" on peut ne taper que le premier temps dans les mains, puis lever la main un peu plus à chaque temps, avec des petits à-coups pour marquer les autres temps, et laisser retomber celle-ci sans retenue pour à nouveau frapper le premier temps de la mesure suivante. On crée, donc, un mouvement pour se représenter la mesure, c'est plus stable, on associe au premier temps la notion de pesanteur.
On peu maintenant extraire la pulsation (le temps) et la mesure d'un morceau de musique. En faisant varier le style de musique c'est exercice permettra rapidement de comprendre et de suivre tout ce qui se passe dans un morceau de musique et d'en dégager une structure cohérente. Pour les débutants après avoir frappé l'exercice dans les mains, on peut jouer l'exercice à la batterie, sur la caisse claire main droite puis main gauche, sur une cymbale, à la grosse caisse, puis en mélangeant les différentes sonorités de l'instrument.

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la régularité

Pour aborder la régularité il est bon là aussi de prendre des exemples concrets, nous n'avons que l'embarras du choix. La régularité peut dès le début s'associer au rythme. La régularité est un rythme simple et qui ne varie jamais dans le temps. Prenons pour exemple nos jours terrestres chaque jour possède 24 heures, chaque heure 60 minutes et chaque minute 60 secondes. La "distance " entre chaque heure, minute et seconde est la même. Marcher dans la rue d'un pas constant, sans s'arrêter ni courir, nous permet d'associer à la régularité la notion de mouvement. Un mouvement s'il est exécuté de façon constante sans aucune variation de quelque sorte que ce soit, est dit mouvement régulier. Il se répète indéfiniment, identique à lui-même.
Ici aussi nous pouvons faire varier nos paramètres temps, espace et énergie.
Pour le temps cela est plutôt simple :
- le temps entre chaque coups est court et constant, ceux-ci sont dits rapides.
- le temps entre chaque coups est long et constant, ceux-ci sont dits lents.
- le temps entre chaque coups est court et augmente alors nous ralentissons.
- le temps entre chaque coups est long et diminue alors nous accélérons.
Pour l'espace il en va de même :
- la distance est grande, les coups sont lents.
- la distance est petite, les coups sont rapides.
- la distance diminue, nous accélérons.
- la distance augmente, nous ralentissons.
L'énergie permet de rééquilibrer la puissance en fonction du type de jeu utilisé. Elle a un effet multiplicateur sur chaque types d'actions. Par exemple si le temps entre les coups est long, la distance est grande, et avec plus d'énergie les coups seront plus forts.

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chanter

La voix c'est le premier instrument dont nous disposons, elle peut être considérée comme la cinquième partie à jouer de la batterie. Une des idées de bases c'est que tout ce qu'on peut chanter on peut le jouer. Nous pouvons inclure la voix dans tous les exercices que nous travaillons. A chaque fois que nous jouons elle est le lien direct entre la conception du rythme et l'exécution de celui-ci par le geste. Elle est la meilleure alliée de notre mémoire et favorise la concentration.
Dans un premier temps elle pourra suffire pour ressentir et compter les temps de la mesure. Puis elle pourra chanter les différents débits et subdivisions et même chanter une partie de l'instrument (grosse caisse, caisse claire, charleston…). Les idées de travail ne manquent pas, avec un peu d'imagination on peut vite changer un rythme simple en un vrai casse tête rythmique.
Pour varier un peu et sortir l'ordinaire, et même apporter quelque chose d'exotique, on peut remplacer les chiffres par des bols indiens. Ces bols sont une suite d'onomatopées qui peuvent être utilisées pour compter le temps de la mesure, les débits… Tout ce qui peut être compter. Voici les principaux bols que j'utilise.
Unité : Ta / 2 : Ta Ka / 3 : Ta Ki Te / 4 : Ta Ka Di Mi / 5 : Ta Di Ki Na Tom
6 : Ta Ki Te Na Ge Na / 7 : Ta Ki Te Na Ge Tu Na / 8 : Ta Ka Di Mi Na Ge Tu Na

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le centre

S'il y à bien un élément fondamental c'est le ventre. Il est le centre. C'est du moins ce que j'ai pu découvrir en pratiquant l'Aïkido et lors de mon séjour à l'hôpital pour soigner une hernie inguinale. Un livre écrit par un docteur lui donne aussi le nom de deuxième cerveau. Le ventre ce n'est pas que des abdominaux en forme de tablette de chocolat. C'est l'appareil digestif. La racine de tout. Tout vient au centre et tout en repart. Il utilise les aliments pour construire notre corps. Il faut penser depuis son centre. C'est l'idée de racine. Dans la posture du batteur le centre repose sur le siège (il faut s'asseoir sur le bord du siège pour veiller à ne pas couper la circulation sanguine sous les cuisses, ou utiliser un siège ergonomique). Le ventre tient tout l'édifice en équilibre. Et si c'est équilibre est respecté les gestes et les déplacements sont plus naturels. On arrive plus facilement au point zéro. Le point zéro est un état que j'avais depuis longtemps défini mais pas nommé. C'est lorsque j'ai écouté une émission de radio et qu'une grande pianiste concertiste devenue maintenant enseignante en a parlé que j'ai pu mettre un nom dessus. Souvent on ne se rend pas compte mais pour un geste positif comme celui qui sert à produire un son, il faut vaincre l'immobilité et parfois même un geste qui retient et que je qualifierai de négatif. Cette barrière inconsciente provient de la tension occasionnée par le stress de la vie et toutes les composantes négatives de nos vies de sédentaires. C'est aussi l'idée de force d'entropie. A toute action constructrice s'oppose une action destructrice. Tout est dans le ying et le yang, Dieu et Satan, matière et antimatière, tout existe ainsi que son contraire. C'est alors souvent cette dualité qui rend laborieux le seul fait de jouer d'un instrument, surtout un instrument aussi physique et complet que la batterie. C'est ce qui crée le déséquilibre. Cette tension fatigue énormément car pour aller au bout du geste positif il faut forcer l'action du geste négatif. Il est déjà épuisant de manipuler les baguettes et actionner les pédales alors si on ajoute à cela une lutte contre soi-même on frise le masochisme. Cette tension est aussi néfaste car elle ne permet pas aux vibrations provoqué par l'impact de se dissiper, de se diffuser dans le corps. Au pire cela crée des nœuds où ces vibrations s'accumulent. L'énergie se décharge dans ces nœuds pouvant provoqué de nombreux traumatismes. Il faut solidifier le ventre pour rendre ses membres libres de tout mouvement. Pour rester toujours placé prêt à agir. Cette harmonie c'est le Aï de kanjil'Aïkido. Quand le centre est solide cela favorise la concentration ainsi que l'ouverture de l'esprit et l'ouverture aux sensations, l'ouverture aux autres.  Le point zéro c'est aussi la possibilité d'absorber ce qui existe autour de nous comme les énergies et les vibrations. Tout cela pour mieux communiquer avec les autres. Souvent je pense que tout n'est que vibrations et que c'est ce qui fait que dans certaines situations quand les vibrations sont accordées l'échange ce fait facilement et que dans d'autres cela reste très laborieux. Ces vibrations sont aussi le souffle vital, Ki de l'Aïkido. Nous possédons tous une vibration interne et la musique nous permet de diffuser cette vibration aux musiciens mais avant tout au public. Quand les vibrations sont discordantes il ne se passe rien mais quand tout vibre à l'unisson l'échange est complet. C'est donc à chacun d'expérimenter et de trouver sa voix/voie, le Do de l'Aïkido.

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organiser son travail

En cherchant un début pour les pages des leçons, et avant de les charger de musiques, de textes et d'exercices, je me suis posé la question de savoir ce qu'il ne me fallait pas oublier avant tout cela, quel était le préalable indispensable, la condition sine qua non. Alors j'ai pensé que la première chose à faire c'était de parler de la mise en place d'un plan de travail. Pour entrer dans le vif du sujet je dirai que seul un travail régulier peut donner de vrais résultats. Et comme souvent ce travail est un travail de répétition, il faut l'organiser si on veut le rendre réellement efficace. Maintenant il existe différentes situations, voyons-en quelques unes.

Tout d'abord si vous travaillez avec un professeur cela rendra les choses plus faciles. Car c'est lui qui organisera la progression de votre travail, en fonction de ce que en tant qu'élève vous proposez comme aptitudes et comme marge de progression. Si vous travaillez seul c'est plus délicat car vous êtes juge et partie. Maintenant je vais donner quelques pistes à explorer tout en sachant qu'il ne s'agit pas d'une série de formules magiques.

Il est indispensable de tenir un journal. Vous y inscrirez à l'intérieur tout ce que vous travaillez : en premier la date puis le type d'exercice, le nom, le tempo... et sans oublier les impressions que vous laisse le travail que vous venez de faire. Ce journal vous permettra de ne pas perdre le fil de votre travail et de garder la même logique de progression, ce qui mettra en évidence vos progrès et le temps qu'il vous aura fallut pour réussir. Ceci vous permettra d'ajuster votre méthode de travail et de redéfinir les priorités dans celui-ci.

Qu'est-ce qu'une méthode de travail? C'est avant tout se donner des objectifs et organiser les outils que l'on possède pour atteindre ces objectifs. Je distingue toujours deux types d'objectifs : ceux à court terme et ceux à long terme. Un objectif à court terme donnera des résultats rapides et sera directement applicable dans toutes les situations musicales. Par exemple un rythme binaire tout simple qui vous servira pour la prochaine répétition avec votre groupe. Un objectif à long terme c'est plutôt un fil conducteur qui permet un travail en profondeur de tous les exercices que vous aurez choisi pour votre partie à court terme. Ce peut être une chose toute simple comme l'utilisation du métronome, puisqu'alors l'objectif à long terme c'est d'obtenir le tempo le plus régulier possible dans tous les exercices. Autres exemples : chanter en jouant, renverser tous les doigtés, etc... Il faut laisser les choses évoluer librement et ne pas hésiter par exemple à changer ses objectifs à court terme pour mieux servir les objectifs à long terme et vice-versa; question de priorités.

Le temps de travail est une notion totalement abstraite et qui évolue en fonction de ses propres progrès et de ses propres exigences. Je ne me lasse pas de dire à mes élèves que la clef c'est de travailler régulièrement. Par exemple je dis toujours à mes débutant : travaillez vingt minutes tous les jours plutôt que d'attendre le week-end et travailler deux heures de suite, car il n'y a rien de mieux pour se décourager. Maintenant si comme débutant vous pouvez vous contenter de vingt minutes de travail quotidien, plus votre niveau évoluera plus il vous faudra de temps pour réaliser vos objectifs. Il faut savoir aussi être patient, la sensation que l'on a de sa propre progression n'est pas toujours linéaire. Ce n'est pas tous les jours que l'on ressent les résultats du travail. Il arrive parfois d'avoir la sensation de stagner, les nuages s'amoncellent et, tout d'un coup, l'horizon s'éclaircit, on a réussi. Cependant au début de sa vie de musicien on a une sensation linéaire de ses propres progrès, on est alors plus sensible aux objectifs à court terme ; mais quand la somme des connaissances est plus importante, les progrès se font par paliers avec parfois de longs moments de plats. On est aussi devenu plus exigeant. On est à un moment de son éducation musicale où ce sont les objectifs à long terme qui, lorsqu'ils sont atteint, nous donnent une réelle satisfaction.

Autre chose de plus subtil : il faut toujours se laisser du temps pour bien travailler et assimiler un exercice. Il ne faut pas forcer le destin, il faut être patient. Et si on reste honnête avec soi-même on sait toujours quand on a réussi à atteindre son objectif. Autre chose de commun à tous : c'est que plus on se laisse de temps pour atteindre un objectif, plus on mettra de temps pour l'atteindre. Il faut donc tout en étant raisonnable se fixer une limite de temps. De même si on dépasse cette limite de temps et qu'une lassitude commence à se faire sentir quand on travaille un exercice et que l'on ne trouve pas la solution du problème, il faut savoir abandonner pour y revenir plus tard. Il faut savoir s'avouer vaincu. Il ne faut pas penser que l'on est nul et que l'on ne progressera plus jamais, il faut juste prendre conscience que l'on a fait un mauvais choix d'objectif. Ce n'était peut-être pas le moment de commencer ce type d'exercice, c'était peut-être trop tôt dans son parcours de musicien. Quand on travaille tout seul ce genre de désagrément peut arriver, et c'est là l'intérêt de trouver un bon professeur, son expérience et ses conseils vous éviteront de tomber dans de tels écueils.

Mon dernier conseil c'est que le meilleur moyen pour mieux vous souvenir d'un exercice durement travaillé c'est de l'oublier. Voilà quelques idées qui vous aiderons à organiser votre travail et facilitera l'acquisition des connaissances, mais surtout vous aurez envie d'apprendre, vous garderez le goût d'apprendre. Vous apprendrez avec plaisir.

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